Brigitte Waché
Présidente de la SFEM
Professeur émérite des Universités (CERHIO-Le Mans)

La Société française d’études mariales  est née dans le contexte des années 1930 aux contours particulièrement contrastés. L’idée de crise de civilisation nourrie par la Première Guerre mondiale et ravivée par la crise économique est alors très prégnante, tandis que le catholicisme, s’efforçant d’apporter une réponse à cette crise de civilisation  fait preuve d’un réel dynamisme, malgré les tensions internes qui le traversent, aux lendemains de la crise moderniste et au cœur de celle de l’Action française. 

Réintégrés dans la vie publique depuis le conflit, les catholiques y affichent leur présence. Sur le terrain social, se manifestent les fruits du catholicisme social à travers l’audience de  la Confédération des travailleurs chrétiens (CFTC), le succès des Semaines sociales annuelles, ou celui de l’Association catholique de la Jeunesse française (ACJF).

C’est l’époque à laquelle ce mouvement connaît une mutation importante avec la naissance des mouvements d’action catholique spécialisés, autre lieu de mobilisation de la jeunesse à côté du scoutisme qui prend par ailleurs son véritable essor en France.

Le monde des médias et de l’édition offre également des relais pour le rayonnement catholique à travers des initiatives comme celles de Francisque Gay (La Vie catholique et L’aube), d’Emmanuel Mounier (Esprit), ou des Dominicains (La Vie intellectuelle et Éditions du Cerf). Ces initiatives sont en rapport avec la vitalité intellectuelle du catholicisme.

Point n’est besoin d’insister par exemple sur les apports de  François Mauriac ou de Georges Bernanos dans la production romanesque. Quant à Maurice Blondel ou Jacques Maritain, ils sont soucieux l’un et l’autre, sur le plan philosophique, chacun avec sa tonalité propre et non sans susciter bien des incompréhensions, de répondre au problème de la conciliation entre la raison et la foi qui fut au cœur du volet philosophique de la crise moderniste et qui est loin d’être résolu à l’époque.

Le tableau de la pratique religieuse est lui aussi contrasté puisqu’il fait apparaître aussi bien la désaffection ouvrière vis-à-vis de l’Église, dépeinte par le père Lhande, à la charnière des années trente, dans Le Christ dans la banlieue, que le rayonnement spirituel, y compris chez les laïcs,  de figures comme  Jeanne d’Arc, Thérèse de Lisieux ou saint François d’Assise notamment.

Quant à la dévotion mariale, elle demeure bien vivante au sein des œuvres mariales et autour des sanctuaires qui suscitent des pèlerinages fervents et des publications dont la visée est en priorité l’édification et la piété des fidèles.

Je êux ajouter du texte ici.